• Partie 6

    J'étais assise sur mon lit. Contemplant la pièce qui était ma chambre mais qui m'étais inconnue. Je fixais un bout de papier que j'avais, par le passé, accroché à ma table de nuit. Il était écrit dessus quelques mots dont le sens m'échappait un peu :

    « The reason is me. Voilà ce que tu dois te dire, que moi j'ai besoin de toi.

    On se retrouve à la rentrée à la sortie du lycée j'espère.

    Ta raison de sourire. »

    Pourquoi celui ou celle qui avait écrit ce message avait signé « ta raison de sourire » ? Le mot sourire m'évoquait celui qui m'avait embrassé à l'hôpital car lui aussi m'avait parlé de sourire. Je caressais mes lèvres en repensant au baiser qu'il m'avait donné. Je ne savais toujours pas qui il était. Mes parents m'avaient dit qu'il voulait soit disant me harceler pour me vendre je ne sais quoi. Et ma meilleure amie France, elle, m'avait dit que c'était un gars mauvais qui d'ailleurs avait voulu me forcer à venir chez lui pour me violer. Les deux explications ne correspondaient pas du tout et Maud n'était pas là pour m'aider alors que j'en avais grand besoin. Comme j'avais faim, je descendis me chercher un bol de lait froid avec des céréales au miel. Elles me faisaient une sensation étrange dont je ne comprenais toujours pas si il s'agissait d'un souvenir ou d'un pressentiment. Je voyais un bol plein et alors que je mangeais, une autre cuillère venait m'en chiper. Je me voyais en train de rire et de dire à la personne de ne pas toucher alors qu'elle continuait. Cela faisait maintenant plusieurs jours que j'étais à la maison. J'étais restée sept mois dans le coma ce qui me faisait froid dans le dos. Le médecin de l'hôpital, avec qui j'avais rendez-vous régulièrement, m'avait affirmé que j'avais serré la main du jeune homme et que d'après eux mon esprit était éveillé depuis septembre. Pourtant je ne me souvenais de rien à part du 11 janvier de l'année dernière après c'était un trou noir.

    - Lucie ! C'est France au téléphone.

    - Que veut-elle ?

    - Te parler ! Répondit ma mère du couloir. Je la rejoignis donc et pris le combiné où France parlait de je ne sais quelle fête qui arrivait bientôt. Après qu'elle m'est parlée une heure des différentes tenues entre lesquelles elle hésitait, elle me demanda si je revenais au lycée bientôt. Je répondis que je ne savais pas. Elle me dit ensuite, comme pour me donner envie de revenir, qu'il y avait un nouveau. Malheureusement, dès qu'elle me parlait du lycée cela me faisait plus peur qu'autre chose. Sous prétexte d'un besoin de dormir, je lui raccrochais au nez et rejoignis ma chambre. Je passais ma nuit à contempler la boite métallique qu'il m'avait offert. Je ne l'avais toujours pas ouverte car sous la boite avait été mis un post-it qui me demandait d'attendre mon anniversaire. Nous étions la nuit du 9 janvier et mon anniversaire était le 10. Il me tardait de pouvoir savoir ce que contenait mon précieux cadeau. Le lendemain, je ne sais trop pourquoi je décidais de prendre le train pour aller au lycée. J'avais un peu pu récupérer mes cours grâce à l'extrême gentillesse d'une amie de classe qui m'avait copié les cours et les exercices d'applications. Alors que j'étais dans le train un groupe de fille m'appela. Je reconnue mes amies et je vins leur dire bonjour.

    - Wouah Lucie tu reviens au lycée !

    - En plus le jour de ton anniversaire !

    - Ah oui c'est vrai ça !

    - BON ANNIVERSAIRE ! ! ! Disaient-elles toutes en cœur.

    - Tu as eu nos sms ?

    - Heu non...en fait je ne me souviens pas du mon code pin donc mon portable est à jamais éteint. Avouai-je.

    J'avais passé une agréable journée. J'attendais mon bus à la sortie du lycée avec France et je le cherchais du regard mais il n'était pas là.

    - Dis France, le beau garçon qui m'a tenu compagnie pendant mon coma, il n'est pas au lycée ?

    - Non. Mais je croyais que tes parents t'avais interdit de lui parler ?

    - Oui mais...il était beau et puis il m'a...

    - Lucie, ne va rien imaginer parce que c'est mon petit ami.

    - Mais ? ! J'étais très surprise d'entendre ça. Je croyais qu'il était mauvais et avait voulu me violer ?

    -Oui, mais je compte te venger ! C'est pour ça que je sors avec lui.

    Alors il était son petit ami... Je ne comprenais plus rien pourquoi m'avait-il embrassé ? Je me sentais trahie...Il avait pourtant eu l'air si gentil avec moi... Pourquoi tant de mystère autour de lui bon sang !

    - Lucie attends ! Où vas-tu ? Me cria t-elle. Je courais plus vite que jamais. A bout de souffle je m'arrêtais enfin. C'était là, sur cette route, que j'avais couru le 26 juin. Pourquoi ? Hésitante, j'avançais sur le rebord du trottoir. J'allais poser un pied sur la route quand un monsieur me tira en arrière.

    - Attention ! L'accident qui c'est produit l'an dernier ne vous a pas assez choqué ! Cette voie est dangereuse alors ne vous mettez pas aussi près de la route !

    Il ne pouvait pas comprendre ! Je veux retrouver ma mémoire ! Le docteur m'a bien dit que si j'avais un choc aussi violent que le précèdent je pourrai peut-être retrouver tous mes souvenirs et la seule façon était celle-ci !

    Quand je revins prendre mon bus, je découvris avec stupeur qu'il y était aussi. Il riait de bon cœur avec des garçons du lycée. Je le fixais d'un air méchant car je ne supportais pas qu'il m'ait mentit. J'eus une grande chance car il me remarqua seulement quand je sortais du bus. Arrivée chez moi, je me ruais sur la boîte. Je l'ouvris. Des confettis me jaillirent à la figure. J'affichais alors un immense sourire. Il y avait des bonbons, un porte clé avec une clé bleue et un papier au fond de la boîte. Alors que je mangeais avec joie les bonbons je prenais et observais la clé avec attention. Qu'est ce qu'elle ouvrait avait été ma première question puis il y avait : pourquoi l'avait-il et me la donnait ou rendait-il ? Je cherchais dans ma chambre un quelconque objet fermé à clé mais il n'y avait rien de tel. Je prenais délicatement le papier et l'ouvrit. C'était une feuille blanche, simple. Je commençais à lire quand ma mère débarqua sans même frapper.

    - Maman !

    - Oh c'est bon ! Je venais pour savoir ce que tu comptes mettre pour la soirée ?

    - Je n'y vais pas. Répondis-je franchement.

    - Comment ça ? Tu vas y aller ça te feras voir du monde et puis il faut bien que tu t'amuses au lieu de rester cloîtrer ici !

    - JE FAIS CE QUE JE VEUX ! S'en fut trop pour moi, prenant la clé et la lettre je sortis de la chambre comme une furie. Mon père s'en mêla en me menaçant de je ne sais quoi si je sortais. Après m'être chaussée et avoir enfilée ma petite veste en cuir, je sortis.

    Je ne sais pas combien de temps j'ai pleuré mais lorsque j'ai commencé à me calmer, je décidais de lire la lettre du garçon. Je lisais tout en jouant avec la clé que je tenais entre mes doigts :

    « Je sais que c'est une première de d'écrire une aussi longue lettre. Mais bon faut bien un début à tout pas vraie.

    Je voulais aussi m'excuser d'être parti comme ça mais ta question m'a assez secoué et puis après ta famille... Si tu veux tout savoir, lis ton journal intime et aussi quand voudras-tu récupérer celui que j'ai ?

    Je sais que ta famille va tout faire pour que tu me détestes mais je t'en pries crois en moi. Et surtout ne fais pas confiance à France, elle n'est pas celle que tu crois. Je t'attendrais le soir du bal alors s'il te plaie ne m'oublie pas.

    Cyrille »


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