• Partie 8

    J'avais froid, un frisson me parcourrait de l'épaule jusqu'au pied. Ouvrant doucement les yeux, je découvris une main posée sur ma poitrine, le bras appuyé sur ma taille et touchant mes cotes m'apportait chaleur et confiance. Doucement, je remmenais la couette sur moi, du moins j'essayais car je n'arrivais pas à l'attraper sans trop bouger. À vraie dire, le simple fait de savoir que j'étais nue me faisais rougir alors si en plus en bougeant je le sentais lui, j'avais peur de sursauter ou de faire une chose des plus stupides... Pour le moment je ne sentais que sa main. Alors que j'émergeais de cette nuit qui avait été pour moi une première très agréable, je découvrais une chose flagrante: nous n'étions plus dans la tante ! Je me trouvais dans une chambre ! J'avais tressaillis en découvrant cela et je sentis Cyrille bouger dans le lit. Sa main glissa doucement sur ma peau pour ensuite retourner plus loin. D'un coup, il se redressa, attrapa la couette qu'il étendit sur la totalité du lit. La porte s'ouvrit, laissant pénétrer la lumière du jour dans toute la pièce. Toujours allongée, je n'osais bouger et je faisais comme si je dormais encore.

    - Ah ! Heu... Pardon j'ignorais que tu étais accompagné...

    - C'est pas grave papa. Mon amoureux soupira.

    - J'étais étonné de voir que tu es rentré alors que j'ai ta clé.

    - T'inquiètes pas je me suis débrouillé. Tu peux y aller maintenant ? Au ton de sa voix, je sentis que la présence de son père alors que j'étais là, nue (heureusement la couette me recouvrait jusqu'au menton) le gênait. Celui-ci partit. Je le sentis bouger puis son bras vint se poser sur le bout de couette qui m'entourait. Mon dos frissonna lorsqu'il me tira délicatement contre son corps. Sa chaleur m'envahit et je dois dire que c'était vraiment très agréable.

    - Inutile de faire semblant Lucie je sais que tu es réveillée. Aussitôt j'ouvris les yeux et tournais la tête vers lui. Il déposa un baiser dans mon cou puis sur ma joue et finit par mes lèvres.

    - On est où ? Demandais-je après quelques minutes durant lesquelles lui et moi nous regardions avec amour.

    - Chez moi. Enfin c'est la maison de mon père mais il me la confie durant l'année. Il avait dû remarqué mon regard troublé car je n'eus pas le temps de poser une autre question qu'il répondit. Il y a eu un orage cette nuit, je t'ai porté dans le sac de couchage jusqu'ici. D'ailleurs j'ai une mauvaise nouvelle... En prenant tout à la va-vite dans le noir, j'ai... Enfin ta robe s'est accrochée à la tante et elle est un peu déchirée...

    - Pas grave. Je l'embrassais avec passion. J'étais fière de l'avoir surpris car jusqu'à présent, c'était surtout moi qui étais le plus facilement déstabilisée.

    - Je t'aime.

    - Moi aussi.

    Après cette magnifique nuit et belle matinée, il me remmena chez moi. J'avais pu constater que ma robe blanche était déchirée en bas à plusieurs endroit comme si je m'étais faite attaquée. Ce qui nous fit bien rire.

    Comme je me sentais mal il m'emmena à l'hôpital. Ma tête tournait et j'avais l'impression que d'une minute à l'autre j'allais m'évanouir. Arrivée à l'hôpital j'y trouvais l'infirmière qui s'occupait de mon suivi. Elle me trouvait blanche. Je m'avançais vers elle d'un pas non assuré. Alors que je traversais le couloir en passant près des escaliers, un infirmier descendit en me bousculant. Mon corps tomba dans les escaliers sans que je ne puisse réagir. J'entendais Cyrille paniquait mais je sombrais dans un épuisement que je connaissais un peu trop bien.

    Je repris mes esprits à l'hôpital entouré de France, maman et papa. Il y avait aussi la police. Je cherchais Cyrille du regard et mais il n'y était pas.

    - Lucie ! Enfin tu reprends connaissance ! Dis leur ce qui c'est passé hier !

    J'émergeai du sommeil et je ne réagis même pas à ces mots. Un policier me demanda alors si je pouvais raconter ce qui s'était passé hier. Mon seul souvenir était mon corps contre Cyrille... Je ne pouvais pas répondre ! C'était trop personnel et intime !

    -Je... Je ne sais plus. Tout est brouillé dans ma tête.

    - Vous voyez je vous l'avais dit ! Quand il s'en est pris à elle, cela l'a tellement choqué qu'elle ne s'en souvient pas ou ne veux pas le faire ! S'énerva France.

    - Mais de quoi vous parlez ? Finissais-je par demander.

    - De votre viol mademoiselle et de celui de votre amie. Je regardais France choquée par ses propos.

    J'essayais de me souvenir mais sur le coup, rien ne venait à part mon amoureux sur moi. Il... Non... Non ! Des larmes coulaient sur mes joues. Mes yeux étaient perdus dans mes pensés et les policiers prenaient ça pour un aveux. Ils sortirent dans le couloir ce qui me permit de découvrir Cyrille, assit sur un banc, menotté.

    Je voulais protester, défendre Cyrille, prouver qu'il était innocent mais aucun son ne sortit de ma bouche. J'avais, quelques jours après, essayé de parler à la police de dire que j'avais passé la nuit seule avec lui et que tout ça n'était que mensonge mais on me répondit que je ne devais pas avoir peur et que je ne devais pas renier son crime ! Entre temps, j'avais aussi retrouvé les éléments manquants de ma mémoire. Je me souvenais, Cyrille m'avait trompé avec France, mon ex-meilleure amie, c'est pour ça que j'avais fuis et que... Ce souvenir me faisait peur et si France avait raison et que Cyrille m'avait réellement fait du mal ? Chaque jour je pensais à lui, j'écoutais sans cesse The Reason. C'était décidé ! Je devais savoir et seul Cyrille avait les réponses à mes questions. Après le lycée je me dirigeais vers l'église de la ville. Une tour, vestige d'un ancien château, était haute de plusieurs dizaines de mètres et le haut était difficile d'accès. J'y allais donc discrètement puis je hurlais pour que les gens qui se trouvaient en bas m'entendent. Un homme, qui m'avait vu en levant la tête poussa un cri en me désignant de la main. Plus les minutes passaient plus les gens me regardaient et plus j'avais peur. Et si sauter était la seule solution ? Et si je disparaissais ? Cyrille est en prison à cause de moi, c'est ma faute. Je veux que tout ça cesse ! Pendant deux secondes, je m'imaginais sautant du bord et chutant jusqu'à m'écraser sur le goudron d'en bas. J'étais horrifiée par cette pensée. Un homme de la police monta pour parler avec moi.

    - Si vous approchez je saute ! Je ne veux parler à personne j'ai peur ! Ma voix, au départ si en colère finissait en pleures.

    - Si vous avez peur alors expliquez moi mais ne faites pas de bêtise mademoiselle je vous en prie.

    - Non je veux parler à Cyrille ! C'est à lui et personne d'autre que je veux parler ! Je veux qu'il vienne sinon je saute !

    Après plusieurs refus de sa part et de menaces, le policier avait été obligé de faire rapatrier Cyrille pour qu'ensuite il le rejoigne ici. Quand il arriva, il avait une mine très triste et très fatiguée. Le policier lui avait dit quelques mots que je ne pus entendre avant de le laisser venir vers moi. Quand il arriva à moins d'un mètre de moi je me jetais dans ses bras en pleurant.

    - Pourquoi tu fais ça Lucie! Je ne veux pas que tu meures.

    - Je voulais te voir Cyrille. J'ai peur pour toi... Il me serra contre lui pour me consoler et caressa ma joue.

    Le policier s’apprêtait à nous rejoindre quand Cyrille annonça que si quelqu'un s'approchait de nous, nous sauterions tous les deux.

    - Cyrille, je veux savoir pourquoi tu m'as trompé avec France ? Il me regarda avec un air bien étrange c'était un mélange de surprise, de tristesse mais également de colère.

    - Je ne t'ai jamais trompé Lucie. Après avoir refusé de passer la nuit chez moi tu as demandé à France de venir me dire que tu rompais.

    - Quoi ! Mais je n'ai jamais dit ça ! Je ne suis pas venue parce que d'un part j'avais peur mais surtout j'avais un repas familial c'est ce que j'ai demandé France de te dire.

    - Elle ne m'a rien dit de ça...

    - Alors c'est... Elle a menti...

    - Cette fille est complètement folle tu as vu ce qu'elle a fait de moi !

    - Oui et en plus personne ne veut me croire quand je dis que tu es innocent ! De nouveau j'enfouis mon visage dans l'étreinte de mon amoureux. Je voulais qu'il reste, même si la situation était assez spéciale je voulais qu'il reste avec moi, toujours.

    - Lucie... Il faut...

    - Non ! Je ne veux pas que du retourne là bas ! Criai-je.

    - Ne t'inquiètes pas pour moi Lucie.

    - Ne pars pas ! Pleurais-je. Je savais que mes mots ne pouvaient rien changer mais j'espérais encore que les choses prennent une tournure différente.

    - Tu as trouvée la signification de la clé ? Me demanda t-il alors. Sur le coup je trouvais sa question hors sujet.

    - Non... Mais je te promets je trouverai ! Je ferai ça pour toi, pour nous ! À ces mots il me regarda avec passion avant de me serrer contre lui et de m'embrasser.

    - C'est bon ! Avait-il alors dit. La police voulait nous séparer mais Cyrille me gardait serrer dans ses bras tandis que je m'agrippais à son vêtement.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :