• Sans Titre

    Couv

    Une histoire d'amour à la fois fantastique et peu commune (j'espère que personne ne se sentira choquer par l'idée) qui m'est venue il y a quelques mois et qui m'obsède depuis. C'est pourquoi je me lance, j'espère que vous aimerez et que tout le monde y trouvera son compte ;D

  • La nuit pointait son nez quand enfin sa silhouette se démarqua en haut de la route. Il ne voulait qu'une chose : pouvoir se recueillir sur cet endroit. Celui où il avait grandi. Aujourd'hui condamné. Cela faisait quatre saisons maintenant ou peut-être seulement trois. Sa vie de chien l'empêchait de se souvenir de la durée précise de ce douloureux moment. Il avait d'abord joui de sa liberté d'homme. Il avait traîné par-ci par là. Il suivait ce qu'un autre homme lui avait appris : briser des vies. Pas d'attache, pas de mensonge sur le passé, rien que cette douce vengeance sur le genre humain. Malheureusement, il s'était vite lassé de cette supercherie qui plaisait tant aux hommes, aux vrais. Après tout il était d'une espèce très noble. Il devait honneur aux siens et à tous ceux qu'il avait abandonné.

    Une pluie torrentielle s'abattit sur le grand cimetière de la ville. Vous savez ces pluies de la mi-saison, courtes mais surprenantes par leurs violences. À cette heure-ci personne ne pouvait le voir. Il était là, nu comme un vers. Il pouvait ainsi mieux sentir la pluie et le froid glisser sur son corps. Mieux pleurer. Assis devant ce trou ressemblant à un terrier de renard mais qui était la seule porte vers un monde dont personne n’aurait pu soupçonner l’existence. Les larmes obligeaient sa vraie nature à reprendre le dessus et il se mit à hurler de douleur. Il resta las de tout. Revoyant les derniers moments merveilleux de sa vie d'avant. Elle était morte et ne reviendrait jamais. Jamais. À cause de lui. Cette idée le faisait trembler de tous ses membres. Il avait goûté à un bonheur avant de tout perdre et se retrouver dans ce monde inconnu où l'hiver était bien plus rude que chez lui. Là où personne ne fait attention à personne. Chacun pour soi comme on dit. Pourquoi était-il ici, en vie ? Il aurait préféré mourir, sur le coup ou à la place de cette personne. Elle. Personne ne lui ressemblait ici. Il faut dire, qu'il était dur d'être plus comique que ses maladresses qui le faisaient tant rire autrefois. Y a-t-il un Dieu quelque part pour réparer toute cette injustice ? Il l'avait hurlé plus d'une fois mais n'avait obtenu aucune réponse. Du moins, pas avant ce fameux soir sous la pluie...

    Pour la première fois depuis longtemps, une petite voix se fit entendre au coeur de ses entrailles. L'instinct dit-on pour certaines occasions. Il perçut quelque chose : des pleurs et les battements d'un coeur angoissé. Il crut un instant avoir été exaucé et accouru pour rejoindre celle qu'il aimait. Il le savait, malgré la pluie, que seul quelqu'un de pur comme elle l'était, pouvait lui faire ressentir une telle intensité de sentiment. Un grondement étrange. Le temps de voir la voiture sans phare, aveuglé par ses sentiments, la voiture le percuta suffisamment pour le jeter à terre. Une forte lumière l'aveugla. Il n'arrivait pas à reprendre ses esprits, s'apprêtant à incendier l'idiot qui roulait sans feux en pleine nuit. C'était une jeune fille toute tremblante. Elle n'arrêtait pas de s'excuser. Il voulut la gronder mais s'arrêta net en voyant qu'elle pleurait. Quelque chose se dégageait ce son visage pale. Il resta sans bouger à la contempler, il avait l'impression de se voir lui-même à travers elle. Cela lui glaça le sang. Cette idée le dégouttait d'avance. Tout s'embrouillait dans sa tête et il ne comprit pas ce qu'elle lui disait avant de s'en aller. Il se souvint seulement qu'avant de le laisser, au milieu d'une route trempée, elle déposa un parapluie et son propre manteau sur lui pour que la pluie ne l'atteigne plus.
    - Ridicule.

    Lorsqu'il reprit connaissance, il était en train d'être examiné par un médecin, il s'empressa de la menacer s'il touchait ne serait-ce qu'une parcelle de son corps. Tout son corps semblait paralysé. Il est vrai qu'il n'avait pas mangé depuis plusieurs semaines et n'avait fait que marcher sans se reposer. Il lutta par réflexe mais dès qu'il entendit la jeune fille dire qu'elle s'occuperait de lui, tout son corps tomba dans un profond sommeil, comme s'il s'agissait du signal pour enfin se reposer en toute quiétude. C'était quelque chose qu'il n'avait jamais pu faire depuis son arrivée ici. Ainsi commença cette rencontre entre deux êtres tristes et seuls dans leur vie.

     

    Chapitre 0


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  •  Nous sommes le 12 juillet, son portable sonne mais elle ne l'entend pas. Absorbée par la musique provenant de ses écouteurs. Plus rien n'existe, pas même le bus dans lequel elle se trouve. Aujourd'hui est un jour spécial. Lorsqu'elle atteint l'arrêt voulu, elle marchera presque quarante minutes jusqu'au vieux pont. Cette endroit abandonné et chargé de souvenirs volés. Elle s'en approche, regarde le vide, toujours en écoutant cette musique déprimante. Elle ne pleure pas mais ses mains tremblent compulsivement. Un énième appel lui fait entendre raison. Sa camarade d'université lui annonce que toute la promotion passe en troisième année. Elle devrait être contente, mais seul un petit sourire transparaît sur son visage. Concentration maximum pour répondre sans montrer que sa voix est brisée au fond d'elle-même. Elle rentre alors en ville. Le bus n'est pas long à venir, mais garder le self-control est de plus en plus dur. Il faut qu'elle partage la nouvelle avec eux. Elle a toute la journée pour y aller. Mais la musique la rend nostalgique. Tout juste un an. Elle a beau changé de chanson, tout est un cri de douleur dans son esprit et lui rappelle comment c'est passé cette même journée il y a un an. Elle a depuis changé d'établissement, pris un appartement. Mais rien n'y fait, cette solitude lui pèse. Elle ne l'a dit à aucune de ses nouvelles amies. Seul son voisin de pallier sait. C'est justement lui qu'elle va voir. Il lui a promis de lui prêter sa voiture. Elle n'aime pas les 4x4 mais n'a pas vraiment les moyens de louer une voiture ni payer les assurances. Elle doit retourner là-bas. Le jeune homme, une trentaine d'années, est employé dans un grand magasin de mode. Il attire un panel de cliente toujours plus nombreuses à venir rien que pour ses beaux yeux. Mais Erwan n'a qu'un seul amour : son compagnon Simon emporté lors d'un voyage d'affaire au fin fond de l'océan. Depuis, il voudrait prendre un chat, mais sa close d'habitation le lui interdit. La voilà dans sa voiture, elle se sent toute petite. Cette voiture est le seul bien qu'il reste de Simon. Sa famille a repris l'intégralité de ses effets personnels. Vous comprenez, dans leur famille être gay n'est pas bien vu. Revenons au cas de cette jeune fille d'à peine vingt ans qui conduit alors que l'heure est venu pour tout un chacun de quitter son travail pour rentrer retrouver sa petite vie familiale. Elle pénètre le cimetière et se gare sur le parking le plus proche de la tombe qu'elle désire aller voir. Une fois en face. Ses jambes lâchent et elle n'a d'autre choix que de s’agenouiller dans l'herbe. Les larmes coulent, la colère monte. Pourquoi ce jour là, avait-elle refusé d'accompagner ses parents à la fête d'un collègue. Elle avait oublié son nom mais se souvenait en revanche parfaitement de la voix du policier qui l'avait appelé ce soir là. Au début elle avait cru à une farce car elle n'avait pas reconnu la description du véhicule. Puis on lui a demandé si elle faisait bien parti de la famille Flem. Elle n'a pas non plus compris quand on lui a demandé si sa mère était bien avec elle ce soir là. En effet, sa mère détestait conduire, c'était un fait avéré mais elle refusait de laisser son mari conduire après un repas un peu trop arrosé. Pourtant la police fut formelle : « on n'a retrouvé qu'un seul corps dans la voiture lors de son repêchage » .


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  •  Après avoir raconté des banalités sur son année scolaire, elle préférait parler de cela plutôt que de ses doutes et de son manque de confiance en l'avenir, elle s’assoupit quelques instants contre la tombe pour écouter le vent et le chant des oiseaux qui marquait le début de la soirée. Elle se réveilla brusquement en entendant un cri terrifiant. Il pleuvait abondement et un second hurlement s'amplifia à travers tout le cimetière. La nuit était tombée et la pluie battante la rendait noire. En chemin, elle se cogna à plusieurs pierres tombales avant d'atteindre la voiture. Le cri l'avait complètement angoissée et elle était tellement paniquée par l'ambiance de ce cimetière de nuit. Elle en oublia d'ailleurs de mettre en action les feux de sa voiture. Elle se sentait stupide et terriblement seule en cet instant. Même si elle s'était fait de très bonnes amies durant sa dernière année de licence, sa solitude lui pesait. Elle aurait bien aimé pouvoir changer son quotidien. Faire des rencontres, mais pour cela, il lui fallait donner du sien et sortir. Le problème c'est qu'elle était incapable d'avoir une vie sociale autre que la fac et son boulot. C'était une jeune fille assez timide dès qu'il s'agissait de tenter de nouvelles expériences. Alors qu'elle occupait toute son attention à un questionnement intérieur elle percuta subitement quelque chose. Elle entreprit de s'insulter d'avoir abîmé la voiture de son voisin mais se mit subitement à pleurer quand elle alluma les phares de sa voiture. Si il y avait une chose capable de la faire fondre en larme sans possibilité de s'arrêter c'était bien les maltraitances sur les animaux. Elle descendit pour découvrir que le chien était bien vivant mais blessé. La saleté dû à la pluie l'empêcha de déterminer la couleur exacte de son pelage (car cette jeune personne fait partie des rares humains capables de sortir les races d'un nombre incalculable de chiens).

    - Excuse-moi, je suis vraiment vraiment désolée, non n'essaies pas de bouger. Attends je vais chercher de l'aide ! D'accord ? Tu ne bouges pas ! Elle commença à partir en courant puis revînt sur ses pas, chercha quelques instants dans la voiture un parapluie avant de couvrir la pauvre bête d'une couverture et de laisser son parapluie au dessus de la tête du chien. Elle courut comme une dératée, jusqu'à la première maison, tambourina à la porte. Par chance, c'est un homme robuste qui lui ouvrit. Elle le pressa comme s'il s'agissait de la fin du monde, il la trouve ridicule d'autant s'en faire pour un chien mais il n'eut d'autre choix que de la suivre. Une fois le chien chargé dans l'énorme coffre, elle se dirigea à la clinique où elle aurait dû venir chercher son voisin depuis un bon moment. Elle agrippait le volant de toute ses forces car ses larmes l’empêchait de conduire. Un véritable drame se jouait en elle et son voisin eut le plus grand mal à comprendre ce qui s'était réellement passé entre deux sanglots. Après plusieurs plusieurs questions et palpations sur l'animal, il lui répéta à plusieurs reprises qu'il n'avait rien de cassé. Mais qu'il était extrêmement faible et souffrait de malnutrition. Comme il n'avait pas de collier, ni de tatouage, Erwan dû lui avouer que même en le soignant il y avait de grande change qu'il finisse piquer car les chenils alentours étaient saturés. Il savait très bien comment cela allait se passer lorsqu'elle le regarda avec son regard désespéré et insistant... C'était dans ses moments là qu'il ne regrettait d'être un jour venu lui demander un tire-bouchon et d'avoir parler avec elle. Il l'a considéré presque comme sa petite sœur depuis qu'il avait complètement craqué un soir en sa présence et lui avait fait par de ses déboires personnels. La jeune fille avait toqué à sa porte deux jours plus tard avec deux poisons rouges qu'elle insista pour nommer Fukushima et Tchernobyl. Cette fille avait une part de folie en elle, sans doute son penchant excessif pour les mangas pensa-t-il en la voyant.

     

    Chapitre  partie 2/3

     


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