• Chapitre 1 partie 1/3

     Nous sommes le 12 juillet, son portable sonne mais elle ne l'entend pas. Absorbée par la musique provenant de ses écouteurs. Plus rien n'existe, pas même le bus dans lequel elle se trouve. Aujourd'hui est un jour spécial. Lorsqu'elle atteint l'arrêt voulu, elle marchera presque quarante minutes jusqu'au vieux pont. Cette endroit abandonné et chargé de souvenirs volés. Elle s'en approche, regarde le vide, toujours en écoutant cette musique déprimante. Elle ne pleure pas mais ses mains tremblent compulsivement. Un énième appel lui fait entendre raison. Sa camarade d'université lui annonce que toute la promotion passe en troisième année. Elle devrait être contente, mais seul un petit sourire transparaît sur son visage. Concentration maximum pour répondre sans montrer que sa voix est brisée au fond d'elle-même. Elle rentre alors en ville. Le bus n'est pas long à venir, mais garder le self-control est de plus en plus dur. Il faut qu'elle partage la nouvelle avec eux. Elle a toute la journée pour y aller. Mais la musique la rend nostalgique. Tout juste un an. Elle a beau changé de chanson, tout est un cri de douleur dans son esprit et lui rappelle comment c'est passé cette même journée il y a un an. Elle a depuis changé d'établissement, pris un appartement. Mais rien n'y fait, cette solitude lui pèse. Elle ne l'a dit à aucune de ses nouvelles amies. Seul son voisin de pallier sait. C'est justement lui qu'elle va voir. Il lui a promis de lui prêter sa voiture. Elle n'aime pas les 4x4 mais n'a pas vraiment les moyens de louer une voiture ni payer les assurances. Elle doit retourner là-bas. Le jeune homme, une trentaine d'années, est employé dans un grand magasin de mode. Il attire un panel de cliente toujours plus nombreuses à venir rien que pour ses beaux yeux. Mais Erwan n'a qu'un seul amour : son compagnon Simon emporté lors d'un voyage d'affaire au fin fond de l'océan. Depuis, il voudrait prendre un chat, mais sa close d'habitation le lui interdit. La voilà dans sa voiture, elle se sent toute petite. Cette voiture est le seul bien qu'il reste de Simon. Sa famille a repris l'intégralité de ses effets personnels. Vous comprenez, dans leur famille être gay n'est pas bien vu. Revenons au cas de cette jeune fille d'à peine vingt ans qui conduit alors que l'heure est venu pour tout un chacun de quitter son travail pour rentrer retrouver sa petite vie familiale. Elle pénètre le cimetière et se gare sur le parking le plus proche de la tombe qu'elle désire aller voir. Une fois en face. Ses jambes lâchent et elle n'a d'autre choix que de s’agenouiller dans l'herbe. Les larmes coulent, la colère monte. Pourquoi ce jour là, avait-elle refusé d'accompagner ses parents à la fête d'un collègue. Elle avait oublié son nom mais se souvenait en revanche parfaitement de la voix du policier qui l'avait appelé ce soir là. Au début elle avait cru à une farce car elle n'avait pas reconnu la description du véhicule. Puis on lui a demandé si elle faisait bien parti de la famille Flem. Elle n'a pas non plus compris quand on lui a demandé si sa mère était bien avec elle ce soir là. En effet, sa mère détestait conduire, c'était un fait avéré mais elle refusait de laisser son mari conduire après un repas un peu trop arrosé. Pourtant la police fut formelle : « on n'a retrouvé qu'un seul corps dans la voiture lors de son repêchage » .


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :